[Webinaire] – CRI PACA / Illettrisme & travail : les coûts cachés de l’illettrisme en entreprise, P. Moulette / replay

Les chiffres démontrent l’étendue des phénomènes d’illettrisme ou d’illectronisme et posent la question de la capacité de ces français à tenir leur emploi, et à évoluer dans un monde de plus en plus exigeant, et questionnent leur employabilité et leur capacité à rester actif dans des cas extrêmes, comme un environnement numérique de travail forcé à distance, tel que cela a été le cas avec le confinement lié au COVID-19.

Ce webinaire du 7 mai, animé par Pascal MOULETTE, Maître de Conférences en Sciences de Gestion à l’Université Lumière Lyon 2, a eu pour objectif de donner des clés pour permettre aux dirigeants, managers, responsables, structures de formation ou d’accompagnement, de mieux détecter les situations d’illettrisme ou d’illectronisme à partir de leurs signaux faibles.

Il a proposé également d’éclairer les décideurs sur les impacts financiers, économiques et sociaux de ces situations pour leur performance, et pour les aider à mieux agir par des dispositifs et moyens adaptés.

Ce webinaire a tenté de répondre ainsi aux questions suivantes :
  • Que coûtent les situations d’illettrisme en entreprise ?
  • Comment repérer les situations dysfonctionnelles ?
  • Comment construire une action de remédiation au retour sur investissement rapide ?

[Analyse] – Publication du rapport « Capital numérique » sur les pratiques numériques dans les quartiers politique de la ville

En juin 2018, Ouishare et Chronos ont lancé de leur propre initiative une exploration pour mieux cerner et comprendre les pratiques numériques des habitants de quartiers de la politique de la ville – des quartiers caractérisés par un taux de pauvreté supérieur à la moyenne nationale. Souvent présentés comme un ensemble homogène, ces quartiers sont souvent (et à tort) décrits comme « en retard » du point de vue des usages numériques.

Le rapport a été publié en février 2020
« Capital numérique »: un an de recherche-action sur les pratiques numériques
dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV)

Quatre grands principes d’action en ressortent pour penser différemment la question des pratiques numériques.

  1. Cesser de penser les usages numériques en termes de fracture,
  2. Envisager la capacitation numérique au-delà de la formation aux outils,
  3. Concevoir une politique ambitieuse de formation des accompagnants, qui ne peuvent pas être tous bénévoles,
  4. Proposer systématiquement une alternative physique complémentaire aux services publics dématérialisés.

Plus d’informations

Source : Hinaura-Info # 1 – L’inclusion numérique en Auvergne-Rhône-Alpes

[Analyse] – Statistiques de l’illettrisme / France et Auvergne-Rhône-Alpes

L’illettrisme qualifie la situation de personnes de plus de 16 ans qui, bien qu’ayant été scolarisées, ne parviennent pas à lire et à comprendre un texte portant sur des situations de leur vie quotidienne, et/ou ne parviennent pas à écrire pour transmettre des informations simples (ANLCI, 2013).

Les données sur l’illettrisme proviennent principalement de 2 enquêtes réalisées sur le plan national, avec des extractions régionales : l’enquête Information et Vie Quotidienne (IVQ) pour les adultes de 16 à 65 ans et la Journée Défense et Citoyenneté (JDC) pour les jeunes de 16 à 25 ans.

L’enquête IVQ

Initiée en 2004 et renouvelée en 2011 à partir des mêmes outils de mesure, l’Enquête nationale Information et vie quotidienne (IVQ), menée par l’INSEE, cherche à dénombrer les adultes en situation de grande difficulté d’utilisation de l’écrit dans leur vie quotidienne et à mieux comprendre la nature de leurs problèmes face à l’écrit.
Elle comprend notamment un module réalisé en partenariat entre l’ANLCI et une équipe universitaire (PsyEF – Psychologie du développement, de l’éducation et de la formation, équipe dirigée par Jean-Marie Besse à l’Université Lyon 2), pour repérer les compétences en lecture-écriture des personnes, dans des situations de la vie courante et face à des documents du quotidien. Trois compétences sont ainsi évaluées à partir d’activités reprenant des situations de la vie quotidienne :
> écrire (production d’une liste de courses dictée à destination d’un livreur),
> déchiffrer (identification d’items à partir du boîtier CD d’un album de musique)
> et comprendre (réponses à des questions élaborées sur la base d’une critique musicale de l’album de musique précédemment cité).


Sur le plan national, de 2004 à 2011, le taux de personnes âgées de 18 à 65 ans ayant été scolarisées en France et repérées en situation d’illettrisme baisse de 2 points (de 9% à 7%, soit, en 2011, 2.500.000 personnes en situation d’illettrisme).

chiffres ill ivqQuelques chiffres pour revisiter ses représentations sur l’illettrisme
(d’après l’enquête IVQ INSEE-ANLCI 2011-2012)
Qui sont les personnes en situation d’illettrisme ?

53% ont plus de 45 ans
51% sont dans l’emploi
49% vivent en zones rurales ou faiblement peuplées
60,5% sont des hommes
Elles représentent aussi :

20% des bénéficiaires des minima sociaux
10% des demandeurs d’emploi
6% des personnes en emploi

Lien ANLCI vers la Plaquette des chiffres de l’illettrisme
Lien INSEE sur les chiffres nationaux de l’enquête IVQ 2011 : Pour les générations les plus récentes, les difficultés des adultes diminuent à l’écrit, mais augmentent en calcul


En Région Auvergne-Rhône-Alpes, les données extraites de l’enquête IVQ 2011 rejoignent les résultats nationaux. 7% des habitants d’Auvergne-Rhône-Alpes sont en situation d’illettrisme (soit près de 294.000 personnes).
Les difficultés sont plus fréquentes chez les plus de 45 ans, qui représentent la moitié des personnes en difficulté face à l’écrit. Les hommes (8%) sont plus touchés que les femmes (5%), différence en lien avec la réussite scolaire et les sorties du système scolaire. Les différences entre les territoires d’Auvergne-Rhône-Alpes sont peu marquées. Les non-diplômés sont les plus touchés, en lien avec le parcours familial et scolaire des personnes. La moitié des personnes en situation d’illettrisme a un emploi.

Lien INSEE sur les chiffres régionaux de l’enquête IVQ 2011 : L’illettrisme en Auvergne-Rhône-Alpes : en baisse pour les générations récentes


La JDC

À la suite de la Journée d’Appel et de Préparation à la Défense, la Journée Défense et Citoyenneté vise à évaluer la compréhension de l’écrit chez des jeunes de 16-25 ans. Il s’agit désormais d’une épreuve informatisée (un boitier électronique enregistre réponses et temps de réponses), organisée autour de 3 grands types d’épreuves :
> automaticité de la lecture (vitesse de reconnaissance de l’homophonie entre 20 paires de vrais mots/pseudomots),
> connaissances lexicales et niveau de langue (test de décision lexicale pour reconnaitre 20 vrais mots parmi une liste d’items lus/entendus),
> compréhension écrite et traitements complexes (réponses à 20 questions à partir d’un programme de cinéma et d’un court texte narratif).

Les résultats obtenus permettent d’identifier huit profils de lecteur en fonction des difficultés rencontrées par les jeunes. Les profils 1, 2, 3, 4 regroupent les jeunes les plus en difficulté en lecture ; les profils 5a et 5b représentent les lecteurs aux acquis fragiles ayant développé des stratégies pour compenser leurs difficultés ; les profils 5c et 5d renvoient aux lecteurs efficaces.

Sur le plan national, en 2015, la JDC a ainsi concerné 770.000 jeunes de 16-25 ans, dont 9,9% sont repérés en difficulté de lecture. 4,3% des jeunes peuvent être considérés en situation d’illettrisme (profils 1 et 2) : ils n’ont pas construit les mécanismes de base de l’écrit et témoignent d’un important manque de vocabulaire. 5,6% des jeunes en difficulté se caractérisent davantage par un niveau lexical correct mais des difficultés de compréhension écrite du fait de mécanismes de lecture déficitaires (profils 3 et 4). 9,4% des jeunes parviennent à compenser leurs difficultés pour accéder à un certain niveau de compréhension (profils 5a et 5b), mais les composants fondamentaux de la lecture sont partiellement déficitaires ; par ailleurs lire reste coûteux sur le plan cognitif, ce qui rend difficile l’enrichissement du vocabulaire. Enfin, les 80,7% de jeunes restant sont des lecteurs efficaces (profils 5c et 5d).

Par ailleurs, les chiffres de la JDC viennent appuyer ceux de l’enquête IVQ, concernant les différences liées au sexe (8,4% de filles contre 11,3% de garçons qui rencontrent plus d’échecs en compréhension écrite, avec déficit des mécanismes de base, plus présents dans les profils 1 et 3) et au niveau d’études (plus le niveau d’études est élevé, moins les jeunes semblent rencontrer de difficultés : 42,7% des jeunes en difficulté n’ont pas dépassé le collège, contre 3,7% en études générales ou technologiques au lycée).

Pour en savoir plus, lien vers les statistiques de la JDC
Télécharger la note d’information 2016 de la DEPP portant sur les chiffres de la JDC 2015